©Sarah Del Ben - Wild Touch - Fondation UGA
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ICE MEMORY, mission accomplie

Une équipe internationale constituée d’une quinzaine de glaciologues, avec l'aide d'une trentaine de porteurs et de guides, a extrait avec succès deux carottes de glace du glacier Illimani en Bolivie, à 6 300m d'altitude malgré des conditions climatiques extrêmes. Elles sont sur le point d'être rapatriées en France, puis en Antarctique. Ce glacier, étudié depuis 20 ans par l’équipe de l’IRD, préserve 18000 ans de l’histoire climatique et environnementale des Andes, mais montre des signes alarmants de réchauffement.
 

Une logistique à la hauteur de ce défi

L’équipe est constituée de glaciologues Français, Boliviens, Russes, Américains et Brésiliens. Pour l’Illimani, le projet ne pouvait pas s’appuyer sur un transport de l’équipement par hélicoptère jusqu’au sommet du glacier, les deux tonnes d’équipement ont dû être transporté à dos d’homme entre le pied de l’Illimani à 4500m et le site de carottage à 6300m. Cette rude tâche a été confiée à une vingtaine de guides de haute-montagne et porteurs boliviens.
Trois semaines de travail à 6300m ont été nécessaires pour mettre en place l’équipement et extraire les deux carottes de glaces. Cette opération est un défi humain et technologique, les scientifiques se sont relayé au sommet pour atteindre cet objectif. Une fois extraites, les tonnes de glace ont été confiées, mètre après mètre, aux porteurs qui les ont descendu du glacier avant de les stocker dans le conteneur frigorifique installé à La Paz. Les échantillons ICE MEMORY de Bolivie navigueront ensuite vers la France pour un stockage intermédiaire avec leur cousines alpines, avant l’envoi final vers l’Antarctique.

Illimani_Bolivie_20062017
©Sarah Del Ben - Wild Touch - Fondation UGA

La glace de l’Illimani qui sera conservée pour les générations futures au milieu du plateau antarctique, à la Base franco-italienne Concordia, est très précieuse :

  • précieuse parce qu’elle un patrimoine culturel fondamental dans les Andes,
  • précieuse parce qu’elle contient 18 000 ans d’histoire du climat et de l’environnement (au moment de la formation de la glace proche du socle rocheux, l’homme préhistorique inventait les pointes de harpons et réalisait les premières peintures rupestres..., c’était bien avant les civilisations égyptiennes ou l’invention de l’écriture),
  • précieuse enfin parce qu’elle permettra à des chercheurs dans plusieurs siècles de conduire des recherches inédites.

L’itinéraire sur les pentes de l’Illimani

Illimani 3