Des nanosatellites pour surveiller les gaz à effet de serre anthropiques depuis l’espace

11 octobre 2018
Suivre les fluctuations quotidiennes des émissions de gaz à effet de serre depuis l’espace grâce à une flotte de petits satellites, c'est l'idée du projet SCARBO, qui peut surprendre mais qui est sur le point de devenir réalité !
Ce projet audacieux, dans lequel le Centre spatial universitaire de Grenoble joue un rôle essentiel, a fait l’objet d’un article dans la prestigieuse revue scientifique Nature.

Les orientations politiques de l'Union européenne en matière de surveillance des gaz à effet de serre anthropiques dans l'espace nécessitent des observations fréquentes, d’une grande précision et d’une forte résolution spatiale. Des exigences qui ne sont actuellement pas satisfaites. Le projet SCARBO (Space CARBon Observatory) apporte à ce problème une solution surprenante mettant à profit de petits satellites (moins de 50 kg) équipés de capteurs miniaturisés.

Avec deux douzaines de ces nanosatellites placés en orbite autour de la Terre, les scientifiques du projet SCARBO estiment pouvoir réaliser des mesures sur l’ensemble du globe une fois par semaine. Ils pourraient ainsi survoler des zones d’intérêt, des villes par exemples et fournir ainsi des données sur les émissions de carbone d’une précision inégalée.

Mais pour cela, les satellites SCARBO doivent être équipés d’un spectromètre capable de mesurer des concentrations en CO2 avec une précision de moins de 1 ppm pour une résolution de 2 km, performance comparable aux données recueillies avec les plus gros satellites actuellement en orbite. Un vrai défi que le CSUG a relevé avec NanoCarb, un concept innovant de spectromètre statique miniaturisé qui sera placé au cœur des nanosatellites.

Initié par Airbus Defence and Space, le projet SCARBO est mis en œuvre par un consortium de 10 organisations européennes et financé dans le cadre du programme de recherche et d’innovation de l’Union européenne, Horizon H2020. Il a fait l'objet en octobre 2018 d'un article dans la prestigieuse revue scientifque Nature

 

Mis à jour le  10 décembre 2018